Pierre Hybre

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French Kicks

It all started on May 5, 2006 at Paris music venue the Gibus. I found myself in the middle of a throng of youngsters going wild at a gig by Second Sex; teenagers like I had never seen before in Paris.

I’d always had a thing about rock music (it’s what saved me from being a hippy) and the explosive energy and electric vibes at the Gibus were the triggers for this particular photo project. I had the feeling I was in for a crazy ride, but how could I miss the chance to tell the story of such a special world.

Several evenings a week over a period of two years, armed with my lightweight camera and a pair of objectives, with my eye glued to the viewfinder, I sweated buckets, burst my eardrums and tried to protect my equipment at high-voltage gigs across the city.

My photos portray a new generation of kids redefining rock music their own way to express themselves; drawing their incredible source of energy and inspiration from both the New York punk rock scene of the 80s, with Warhol’s Factory and the CBGB club in the Bowery, and today’s wasted romanticism glorified by the likes of poetic dandy Pete Doherty,
 the ex-Libertines frontman.

And so I ventured into the midst of these youngsters, taking pictures and trying to capture their heightened sensitivity and alternative beauty, highlighted by their rock and roll attitude.
I took pictures of the musicians, their mates and groupies, all the “players” making up this small and exclusive underground community.

This series of photos was taken during two frenzied years at Paris venues like the Gibus, where it all began, the Shebeen, Flèche d’Or and Triptyque.  In the highly-charged and joyful atmospheres, where colours glinted with shadow, sometimes the flashing strobes would reveal to me the hidden faces, both ecstatic and captivated, of this other world.

 

-- Le Gibus, La Boule Noire, le Réservoir, le Tryptique... Pierre Hybre a travaillé deux ans dans les lieux cultes de la jeunesse rock, protégeant ses boitiers de la moiteur, de l’effervescence, de la surchauffe et des coups. Il a pisté des héros presque adolescents excités par la musique, par le manque de sommeil, par l’ivresse de la liberté, par leur vie toute neuve encore. Dans une approche frontale, volontairement éloignée des grands poncifs de la photographie de concert qui aurait fixé ces enfants dans un carcan trop lourd pour eux, il est parvenu à saisir quelque chose d’éternel qui trouve ici à s’exprimer à travers le mouvement rock — l’essence même de la jeunesse, totalement présente et impliquée dans l’instant.
Ce n’est pas un travail sociologique, ce n’est pas de la photographie de concert, ce n’est pas un reportage : c’est une plongée sans fard dans le bel âge et dans les nuits éphémères.
Le Velvet, Warhol, La Factory, Bowie, Nico, Patti Smith... autant de noms qui ont bercé l’adolescence du photographe. Il retrouve certains de ces codes, de ces grandes figures, que s'est réappropriée cette génération qui a trouvé dans le rock, et dans une attitude, le moyen de vivre pleinement.
La photographie de Pierre Hybre porte le poids de l’instant, privilégiant les compositions simples, les couleurs ajustées, les lumières froides, presque blanches. Sa glaciation élégante à la Gus Van Sant sied à la beauté des visages si jeunes. Il y a des ongles rongés, des tempes lisses et des joues roses. Mais il y a des traits tirés, des cernes noirs, des paupières meurtries, des cœurs amoureux...
Loin des clichés ambiants sur les babyrockers, ses portraits hiératiques de garçons épuisés qui soutiennent le regard, une aura de légende au fond des yeux, nous interpellent sur notre propre jeunesse. Presque à l’étroit dans le cadre, ils se prêtent pour un instant et le temps se suspend, le silence se fait. Au sous-sol, agitation, baisers à pleine bouche, moite complicité ; la vie reprend le dessus pleine de désir, de sueur, de salive, et de larmes.

Pauline Guena.

 

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